Page:Rodenbach - L’Élite, 1899.djvu/220

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Mgr D’HULST




Mgr d’Hulst fut une figure. Il avait un talent médiocre, mais un caractère saisissant, une physionomie morale d’un relief étrange.

On ne pouvait pas rêver un contraste plus formel avec le P. Monsabré, qu’il remplaça comme prédicateur du Carême à Notre-Dame. Leurs deux genres d’éloquence étaient aussi dissemblables que ces deux hommes furent eux-mêmes contradictoires.

Il suffisait pour s’en convaincre de surprendre un moment le P. Monsabré dans cette claire et riante chambre du petit couvent des Dominicains, faubourg Saint-Honoré, où il venait s’installer chaque année vers la Quadragésime. La figure était réjouie, saine, dodue ; il était en pantoufles et laissait voir des bas blancs comme une béguine. Ses mains s’écarquillaient devant les bûches flambantes, joyeuses du bon feu. Il était bonhomme, familier ; il vous appelait : « Mon fils », et vite se racontait. Il semblait optimiste, avait beaucoup lu et vu. C’était un