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LE CHEVALIER DE SAINT GEORGES.

d’un air de Chactas ; vous ne partirez pas. Voyez ma voiture, elle est brûlée ! » Il avait fait, ma foi, comme il avait dit.

— J’imagine, Saint-Georges, que je n’aurai pas besoin de brûler celle qui doit vous ramener a Paris… Vous me restez, n’est-ce pas ?

— Quand monseigneur lui-même l’ordonnerait, c’est impossible ; il y a quelqu’un qui m’attend ce soir à Paris…

— Une femme ?

— Un homme.

— C’est un duel ?

— Vous avez deviné ; mais celui-là ne sera pas dangereux.

— Et c’est vous qui vous battez ?

— Moi-même…

— L’adversaire ?

— Un jeune homme de vingt-deux ans. Il faut que je vous dise son histoire. Vous saurez qu’hier je l’ai rencontré chez Mme Bertholet, aimable femme qui joue de la harpe à merveille :

« — Vous êtes monsieur de Saint-Georges ? me dit-il en me saisissant le bras sous le réverbère de la rue.

» — Lui-même.

» — Eh bien, monsieur, j’ai été insulté au spectacle par un bretteur fieffé, M. le chevalier de La Morlière…

» — Je le connais.

» — Le rendez-vous pris, je ne m’aperçois que