Page:Roland Manon - Lettres (1780-1793).djvu/454

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et pour la santé. Je t’embrasse avec lui. Oh ! juste ciel ! combien j’ai envie de vous revoir ! La bonne a des bobos d’aventure, etc. ; elle maigrit beaucoup et, si je demeurais six mois ici, je ne sais si je la ramènerais. Le frère, qui me fait toujours bonne et douce compagnie, t’a répondu pour M. Dezach[1] ; ta lettre est bonne et aimable ; Belin n’entend point à l’échange ; je ne prendrai que pour M. d’Eu. Mille choses à lui, femme, famille et l’ami, et surtout au docteur et à la société. Je t’embrasse de tout mon cœur. Je ne te parle presque pas de nos bons amis frère et sœur et Achate, sinon que je les aime toujours plus et que je ne saurais en dire pour peu.


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[À ROLAND, À AMIENS[2].]
Dimanche au soir, 9 heures, [25 avril] 1786, — [de Paris].

Rendue chez M. Bld. [Blondel] un peu avant onze heures, je suis montée aux bureaux. Cott. [Cottereau] y est entré peu après, revenant d’avec le maître qu’il alla aussitôt avertir de ma présence ; je fus introduite. Le magistrat, plus grave que je ne l’avais encore vu, m’a dit : « Madame, l’affaire a souffert, comme je l’avais prévu, beaucoup de difficultés au Comité (je n’en crois pas un mot, mais j’ai fait tout comme) : on ne pouvait imaginer convenable de donner à M. de Calonne l’avis d’écrire, lorsqu’il n’avait pas été consulté. Mais vous eussiez été continuellement ballottée de l’un à l’autre, j’ai bataillé, je l’ai emporté. J’ai fait une lettre que pourtant je n’ai pas lue au Comité, crainte de nouvelles objections, et, travaillant hier avec M. de Calonne, j’ai saisi le

  1. Le Baron François de Zach, astronome ; né en Hongrie, il avait quitté le service de l’Autriche pour passer à Londres. Il devint plus tard directeur de l’observatoire de Gotha. Il était alors lié avec Broussonnet, Bosc, Lanthenas, fut mis par eux en relations avec les Roland, et s’occupa à cette époque, sans succès d’ailleurs, de faire nommer Roland membre de la Société royale de Londres. — Voir Appendice H, « Les Académies ». Cf Lettre à Bosc du 18 décembre 1786, et à Bancal du 27 janvier 1791, et Mémoires, II, 251.
  2. Ms. 6239, fol. 58-59.