Page:Roland Manon - Lettres (1780-1793).djvu/593

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Eudora est plus douce aujourd’hui ; hier an soir, j’ai pleuré devant elle du chagrin d’avoir toujours à gronder : elle ne savait ce que cela voulait dire ; elle est venue me caresser, je lui ai dit beaucoup de choses dont elle n’a senti que l’accent.

Je suis un peu en doute d’inviter Mme Gbrt[Gilibert][1] pour acquitter toutes ses invitations.

Il se fait tard ; on m’apporte enfin la petite pierre que je vais mettre en poudre pour moins d’inconvénients.

Addio, caro mio ; il fratello t’abbraccia ; mi pare un poco afaticato ; ho invidia per lui di vedere la pascha. Addio ancora, vivo tutta in te. anima mìa.

J’ai pensé que les mémoires de M. d’Evernay[2] ne te serviraient pas après le départ de l’Intendant, et qu’il te reste assez de travail ; ainsi je les garde.


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[À BOSC, À PARIS[3].]
16 mars 1785, — [de Villefranche].

[Égalité, constance, voilà ce que vous retrouverez chez nous en tout temps, et ce que vous priserez un jour plus encore que vous ne faites peut-être maintenant. Revenez à de tels amis sans crainte ; ils ne vous sauront jamais mauvais gré de vous être montré tel que vous étiez en effet. Vous voudriez donc vous entretenir bien longuement ? Et moi, dans la disposition où je vous croyais persévérer obstinément, j’avais pris la résolution de ne vous écrire que très brièvement, jusqu’à ce que le temps vous rendit tel à notre égard que j’ai toujours espéré

  1. Gilibert, avocat en la sénéchaussée de Villefranche (Almanach de Lyon, 1784).
  2. Le subdélégué de l’Indentant à Thizy s’appelait Desvernay. Mais nous croyons plutôt que Madame Roland parle ici d’un manufacturier de Thizy. « M. Desvernay, celui des fabricants du Beaujolais dont le commerce est le plus étendu », dit Roland dans son Dictinnaire des Manufactures, t. II, Supplément, p. 58.
  3. Bosc, IV, 80 ; Dauban, II, 520 ; — ms. 6239, fol. 255-256.