Page:Roland Manon - Lettres (1780-1793).djvu/623

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


difficile à raccommoder. Il est d’usage que des objets de cette nature ne se mettent jamais à nu dans des caisses ; on les enveloppe d’étoupes et on remplit tous les vides et interstices avec de la sciure de bois. Quant aux gravures, on doit les ranger à plat, bien étendues dans une caisse convenable, comme elles seraient dans-un carton. Je m’étonne que M. Le Monnier ne vous en ait rien dit, et je ne vois pas comment il s’est fait que vous ne vous soyez point conciliés réciproquement pour cet envoi, comme nous l’avions espéré.

Je sais bien que, malgré ces désagréments, nous vous sommes toujours fort obligés de la peine que vous avez prise, parce que certainement vous en avez eu, et vous avez fait de votre mieux, en bon ami qui s’emploie de tout son cœur ; mais je vous dis ce que sont les choses, afin quelles vous servent d’expérience, dans une autre occasion, pour vous-même ou vos amis.

N’oubliez pas de nous envoyer la note des frais en sus des 5 livres pour ces objets retirés du Mont-de-Piété ; faute de cette note, nous ne pouvons finir avec la personne que cela regarde.

Je joins ici une fleur que je ne connais pas et que, faute du Genera[1], je ne saurais trouver. Elle a huit étamines ; la plante est herbacée, haute de demi-pied environ, plus ou moins ; les fleurs naissent aux aisselles des feuilles et sont portées par un pétiole renflé à la base ; elles viennent au long de la tige, au sommet de laquelle elles se réunissent en bouquet.]

Vous me feriez grand plaisir d’aller voir mon bon oncle de Vincennes, à qui je n ai pas le temps d’écrire.

Les papiers venus de Mme d’Arbouville devaient effectivement être joints aux autres objets ; mais gardez-les jusqu’à ce que vous ayez une autre occasion, et ne les laissez pas égarer[2].

Voici des quittances fort intéressantes ; faites-nous le plaisir d’en

  1. Probablement le Genera plantarum de Linné (1737). Celui d’Antoine-Laurent de Jussieu, qui devait renouveler la méthode, ne parut qu’en 1789.
  2. On voit qu’au milieu de 1785, les démarches pour les Lettres de noblesse duraient encore ou venaient seulement de prendre fin.