Page:Roland Manon - Lettres (1780-1793).djvu/638

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J’ai reçu votre lettre du 14 et j’en ai mandé le contenu à l’inspecteur et au docteur, qui sont à Lyon depuis mercredi. Je suis demeurée le reste de cette semaine avec ma belle-mère, qui est aimable depuis quelques jours ; l’enfant égayait un peu le tête-à-tête. Il y a environ trente-six heures qu’Eudora semble commencer à prendre goût à la lecture, ou du moins à combiner l’intérêt de sa gourmandise que je flatte lorsqu’elle dit bien sa leçon. Je vous conseillerai, en amie, de ne plus faire de longtemps de lettre aussi longue que la dernière, si vous voulez qu’Eudora lise ce que vous lui adressez.

Certain discours que l’inspecteur a lu ici à la Saint-Louis vient d’être choisi par l’Académie de Lyon pour y être lu à sa séance publique du 6 décembre prochain[1]. Dites-moi donc si La Blancherie a trouvé beaucoup de souscripteurs dans cette ville ; il ne s’y est guère fait de partisans. On le trouve d’une fatuité qui tient de l’insolence et qui, pour passer dans le monde au milieu d’un tas de sots, n’en fait pas meilleurs fortune auprès du gros bon sens de quelques savants de province.

Il m’est revenu aujourd’hui, de la campagne, notre frère, dont la santé me semble menacer et me donne des inquiétudes qui tiennent plus du pressentiment que de la raison, mais qui ne tourmentent pas moins.

Auriez-vous jamais cru ?… J’allais vous dire une chose que, par réflexion, je ne veux pas écrire.

Vous m’impatientez de parler et reparler du sparte sans lire l’article qui en traite, et voulant toujours l’avoir trouvé à une autre place que la sienne[2].

  1. Voir lettre du 27 août 1785. — C’est le discours sur l’influence de la culture des lettres, etc… que Roland avait déjà lu à l’Académie de Lyon le 14 juin, mais en séance particulière, qu’il avait servi à l’Académie de Villefranche le 25 août, et qu’il allair lire cette fois à la séance publique de Lyon, en y ajoutant un préambule que sa femme s’était chargée de faire.
  2. On voit, par la lettre de Roland du 1er novembre, qu’il y avait une discussion entre Bosc et lui au sujet de l’article Sparte du Dictionnaire des manufactures, qu Bosc trouvait incomplet.