Page:Roland Manon - Lettres (1780-1793).djvu/639

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Williamos[1] a donc fini ? Dieu le bénisse ; avec tout ce que j’en entendais dire de bien, je ne savais trop encore qu’en dire. Vous ne nous mandez plus rien de la comtesse !

Si l’Anglais à la mécanique dont vous voulez parler était par hasard un nommé Miln[2], croyez que c’est un maître fripon, bien connu dans ce pays-ci, et qui n’est bon, comme tant d’autres, qu’à attraper l’administration. Adieu, jusqu’à lundi, que j’ajouterai un mot si j’ai quelque chose de nouveau à vous mander.

Nos amis sont en bonne santé, à l’exception d’un peu de rhume chez le docteur, qui s’ennuie de ne pas recevoir des nouvelles de l’ami Parault, et qui lui dit mille choses ainsi qu’à vous.

Salut, santé, paix et amitié.

Vous voudrez bien remettre la ci-jointe à M. Gibert[3], avec mille choses honnêtes et mille compliments.

  1. Voir sur Williamos la lettre du 8 août 1785.
  2. Les sieurs Miln, qui avaient été longtemps à la manufacture de Neuville, près Lyon, où ils avaient fini, dit Roland, par « faire la culbute », venaient de traiter avec M. de Calonne (19 octobre 1785) pour une mécanique anglaise à filer le coton, dont ils se disaient les inventeurs (Dict. des manuf., t. II, p. 137-138). Roland, en divers endroits de son livre, accable de dédains cette mécanique pour célébrer celle de Flesselles. On trouvera des renseignements sur ces Miln dans l’Histoire descriptive de la filature et du tissage de coton, par M. Maiseau, 1 vol. in-8°, Paris, 1827, p. 90, 101, 113, 115, 127, etc.
  3. C'est chez sa cousine Trude, environ dix ans auparavant, que Marie Phlipon avait fait la connaissance de « l’honnête Gibert », employé dans l’administration des postes (Mém., t. II, p. 211-213 ; cf. Lettres Cannet, 19 août, 6 octobre, 28 octobre, 12 décembre 1778 ; 8 mars, 28 mars, 31 mai, 15 juin 1779). C’est Gibert et par lui qu’elle connut Pache et conçut pour lui un engouement qui devait plus tard se changer en aversion et mépris. Lorsque Roland, en mai 1792, réorganisa l’administration des Postes, c’est Gibert et Bosc qu’il nomma administrateurs. — Cf. Aulard, Salut public, t. II, p. 271 : Gibert nommé commissaire pour organiser les Postes en Belgique, 6 mars 1793. — Nous retrouverons plusieurs fois Gibert dans la suite de la Correspondance.