Page:Roland Manon - Lettres (1780-1793).djvu/767

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


s’adresse comme objet de sa querelle ; mais vous ne devez rien ajouter à des reproches, même légers, dès qu’ils ont un air sérieux.

Quand je vous appelais « le ministre de mes vengeances » en vous chargeant de faire passer ma lettre, vous aviez le droit de rire avec votre ami que je favorisais de ma colère ; maintenant que je lui parle raison, vous n’avez rien à dire : car les femmes en ont une à elles, et une façon de la traiter que les hommes n’entendent guère.

Je ne doute pas que la sagesse masculine ne sourie à ce propos et n’approuve bien la distinction de la raison des femmes : aussi c’est bien mon intention.

Je vous prie d’expédier la lettre à M. Despréaux, à Dieppe ; quant à celle pour M. Hoffmann, vous aurez la complaisance de la remettre à M. Lanthenas avec celle qui le regarde.

Le paquet du docteur Hofer[1] vous est sans doute parvenu, et vous

    lettere : « M. d’Antic ». — On trouve en outre, à la fin, de l’écriture de Bosc : « Cette lettre est de Madame Roland et m’a été adressée sous mon ancien nom. Signé : Bosc. »

  1. Jean hofer, né le 3 mars 1720, à Mulhouse, mort dans la même ville le 4 septembre 1787, docteur en médecine (de l’Université de Bâle), membre du Grand Conseil ou Sénat (avec le grade de sixainier) de la République de Mulhouse en 1748. « Naturaliste distingué, il possédait un riche cabinet de minéraux, surtout de pétrifications, connu et visité des savants. Il était en correspondance avec un grand nombre de savants suisses et allemands… et avec plusieurs journaux consacrés à l’histoire naturelle… » Le biographe auquel sont empruntés ces détails (Aug. Stoeber, Recherches biographiques et littéraires sur les étudiants mulhousiens immatriculés à l’Université de Bâle de 1760 à 1805, Mulhouse, veuve Bader et {{cie}], 1880) mentionne, parmi les correspondants de Hofer, J.-S. Schweter, de Weimar, et, parmi les publications auxquelles il collaborait, les Acta Helvetica, t. I, 1752, et t. IV, ainsi que le Journal fur die Liebhaber des Steinreichs und der Konchyliologie de Schweter, Weimar, ann. 1773, « qui contiennent de Jean Hofer des travaux très remarquables ». — Jean Hofer a laissé deux ouvrages Tentamen lithologicum de Polyporitis et Zoophytis petrefactis, et un Manuale pharmaceuticum minorum urbium, Bâle, in-8°. L’auteur, que les biographes appellent « Jean Hofer III », pour le distinguer de son grand-père Jean Hofer Ier, de son père Jean Hofer II (1697-1781), auquel il dédia son Manuale, et de son fils Jean hofer IV (1746-1810), est le plus illustre de cette lignée de savants mulhousiens, à la fois bourgmestre de la ville, médecin et naturaliste. Il avait épousé Cléophée Mieg. (Détails communiqués par M. Auguste Thierry-Mieg, de Mulhouse.)

    Il est probablement le Hofer auquel la