Page:Rosny aîné - Le Cœur tendre et cruel, 1924.djvu/222

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Il serra les poings ; son cœur semblait s’évader de la poitrine :

— Seule ?

— Seule…

Il y eut un silence très doux, où toute chose prenait une forme nouvelle. Plus encore que tantôt, Marie était purifiée des souvenirs néfastes et isolée par les images heureuses.

— Et vous, dit-elle enfin, qu’êtes-vous devenu ?

— On m’a envoyé au front… Je ne reviens presque jamais… Cette fois, je resterai assez longtemps… j’ai été blessé.

Elle eut son regard de petite fille, étrangement mêlé au regard désabusé de la femme.

— Ce n’est pas dangereux ? soupira-t-elle.