Page:Rostand - Cyrano de Bergerac.djvu/83

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De guiche.

Qu’un moulinet de leurs grands bras chargés de toiles
Vous lance dans la boue !…


Cyrano.

Vous lance dans la boue !…Ou bien dans les étoiles !

(De Guiche sort. On le voit remonter en chaise. Les seigneurs s’éloignent en chuchotant. Le Bret les réaccompagne. La foule sort.)

Scène VIII

CYRANO, LE BRET, LES CADETS, qui se sont attablés à droite et à gauche et auxquels on sert à boire et à manger.


Cyrano, saluant d’un air goguenard ceux qui sortent sans oser le saluer.

Messieurs… Messieurs… Messieurs…


Le bret, désolé, redescendant, les bras au ciel.

Messieurs… Messieurs… Messieurs…Ah ! dans quels jolis draps…


Cyrano.

Oh ! toi ! tu vas grogner !


Le bret.

Oh ! toi ! tu vas grogner !Enfin, tu conviendras
Qu’assassiner toujours la chance passagère,
Devient exagéré.


Cyrano.

Devient exagéré.Hé bien oui, j’exagère !


Le bret, triomphant.

Ah !


Cyrano.

Ah !Mais pour le principe, et pour l’exemple aussi,
Je trouve qu’il est bon d’exagérer ainsi.


Le bret.

Si tu laissais un peu ton âme mousquetaire
La fortune et la gloire…


Cyrano.

La fortune et la gloire…Et que faudrait-il faire ?
Chercher un protecteur puissant, prendre un patron,
Et comme un lierre obscur qui circonvient un tronc