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Pour qu’aux signes divins de la précocité,
Du génie en sa fleur, de l’âme en son aurore,
Il ne sente en lui-même une espérance éclore,
Comme en un temple obscur une ardente clarté ?

Ô noble et tendre père, ô douce et chaste mère,
Veillez sur ce trésor, abritez cette fleur ;
Sur ce jeune génie ; épanchez la lumière
Avec des flots d’amour, jaillis de votre cœur !

La voix de la patrie et la voix de l’Église
Vous parlent par ma voix : Veillez sur cet enfant ;
Il est beau l’avenir que je lui prophétise,
L’avenir qui déjà reluit dans le présent !

Cet enfant qui grandit, un jour, sera peut-être
Aux bancs du Capitole un puissant orateur,
Ou bien, Dieu le destine à briller comme prêtre,
S’il n’est pas du pays l’homérique chanteur !


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Le Sacerdoce.

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À M. L’Abbé Henri Aubert.

 
« Par son éclat mystique et sa douce puissance,
La poésie est sœur de la sainte éloquence ;
L’une et l’autre, unissant la lumière à l’ardeur,
En éclairant l’esprit, électrisent le cœur !
Ô frère, que de fois, sous ton souffle oratoire,
Poète, j’ai senti tressaillir l’auditoire ;
Et saisi de terreur, ou d’amour attendri,
Dans mon émotion prêt à jeter un cri, —
J’ai cru, dans tes accents qu’inspirait la prière,
Entendre encor vibrer la voix de Lacordaire !
Et dans chaque parole, à l’extatique élan,
Sentir battre d’amour le cœur de Ravignan ! —
Courage ! jeune apôtre, aussi grand par ton zèle
Que par ta charité, féconde, universelle ;
Courage ! jeune prêtre, aussi ferme que doux : —
Dieu, pour nous enflammer, t’envoya parmi nous !
 Détaché de la terre, autant que de soi-même,
Le prêtre est comme l’Ange, et c’est Dieu seul qu’il aime.
Cosmopolite errant par son apostolat,
Il puise l’héroïsme au sein du célibat.
Loin des foyers étroits, son âme se dilate ;