Page:Rouquette - L'Antoniade, 1860.djvu/67

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L’Église d’Amérique, en qui tant d’espoir brille,
De l’Église Romaine est la plus jeune Fille ;
Rayonnante de gloire et pleine d’avenir,
Rome étend chaque jour sa main pour la bénir !…
Gloire aux États-Unis ! Gloire à la République !
Gloire à toi, jeune et libre Église Catholique !
Pour bâillonner ta Presse et restreindre tes droits,
Tu n’as pas un sabreur, un Napoléon-Trois !
Mieux vaut la République avec tous ses orages,
Que l’avilissement des calmes esclavages !
Avec tous ses combats, mieux vaut la Liberté,
Que l’énervant sommeil de la servilité ;
Mieux vaut du Peuple-Roi la sauvage rudesse,
Que d’un despote ami l’oblique politesse !
Oh ! oui, défions-nous des pieux écrivains,
Qui n’ont d’esprit flatteur que pour les Souverains !
L’air de la Liberté, même au prix du martyre,
C’est l’air vivifiant que l’Église respire ;
Et toujours on l’a vue, au nom de Jésus-Christ,
S’opposer à l’orgueil d’un despotique esprit ;
Et de son bouclier, et par de saintes guerres,
Défendre avec amour tous les droits populaires.
Non, du sabre brutal, de l’inique Pouvoir,
Du monarque égoïste oubliant son devoir,
Dans l’impur Henri-Huit ou le froid Guerrier Corse,
L’Église n’a jamais légitimé la force !