Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t11.djvu/104

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Le François.

Oh le public ne rapproche pas ainsi les idées qu’on a l’adresse de lui montrer séparément. Il le voit riche pour de faire le pauvre ou pour le frustrer du produit de son labeur en se disant qu’il n’en a pas besoin. Il le voit pauvre pour insulter à sa misère & le traiter comme un médiante. Il ne le voit jamais que par le cote qui pour l’instant plus odieux ou plus méprisable, quoiqu’incompatible avec les autres aspects sous lesquels il le voit en d’autres tems.

Rousseau.

Il est certain qu’à moins d’être de la plus brute insensibilité, il doit être aussi pénétré que surpris de cette association d’attentions & d’outrages dont il sent à chaque instant les effets. Mais quand, pour l’unique plaisir de rendre sa diffamation plus complete on lui passe journellement tous ses crimes, qui peut être surpris s’il profite de cette coupable indulgence pour en commettre incessamment de nouveau ? C’est une objection que je vous ai déjà faite & que je répété, parce que vous l’avez éludée sans y répondre. Par tout ce que vous m’avez raconte je vois que, malgré toutes les mesures qu’on a prises, il va toujours son train comme auparavant, sans s’embarrasser en aucune sorte des surveillans dont il se voit entoure. Lui qui prit jadis la-dessus tant de précautions que pendant quarante ans trompant exactement tout le monde il passa pour un honnête homme, je vois qu’il n’use liberté qu’on lui laissé que pour assouvir sans gêne sa méchanceté, pour commettre chaque jour de nouveaux forfaits dont