Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t11.djvu/106

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Le François.

Il y a dans tout cela, je dois l’avouer, des choses que je n’entends pas fort bien, moi-même ; mais on m’à promis de m’expliquer tout à mon entière satisfaction. Peut-être pour le rendre plus exécrable a-t-on cru devoir charger un peu le tableau de ses crimes, sans se faire un grand scrupule de cette charge qui dans le fond importe assez peu, car puisqu’un homme coupable d’un crime est capable de cent, tous beaux dont on l’accuse sont tout au moins dans sa volonté, & l’on peut à peine donner le nom d’imposture à de pareilles accusations.

Je vois que la base du système que l’on suit à son égard est le devoir qu’on s’est impose qu’il fut bien démasque bien connu de tout le monde, & néanmoins n’avoir jamais avec lui aucune explication, de lui ôter toute connoissance de ses accusateurs & toute lumière certaine des choses dont il est accuse. Cette double nécessité est fonde sûr la nature des crimes qui rendroit leur déclaration publique trop scandaleuse, & qui ne souffre pas qu’il soit convaincu sans être puni. Or voulez-vous qu’on le punisse sans le convaincre ? Nos formes judiciaires ne le permettroient pas, & ce seroit aller directement contre les maximes d’indulgence & de commisération qu’on veut suivre à on égard. Tout ce qu’on peut donc faire pour la sûreté publique est premièrement de le surveiller, si bien qu’il n’entreprenne rien qu’on ne le fâché, qu’il n’exécute rien d’important qu’on ne le veuille, & sûr le reste d’avertir tout le monde du danger qu’il y a d’écouter & fréquenter un pareil scélérat. Il est clair qu’ainsi bien