Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t11.djvu/171

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se rouvre, on tache de s’y fourrer. Une fois entre dans son repaire on s’y établit on s’y maintient bon gré malgré. S’il osoit vous en chasser de forcé, tant mieux : on seroit beau bruit, & l’on iroit crier par toute la terre qu’il assassine les gens qui lui sont l’honneur de l’aller voir. Il n’y a point, à ce qu’on m’assure, d’autre voie pour s’insinuer auprès de lui. êtes-vous homme à prendre celle-la.

Rousseau.

Mais vous-même pourquoi ne l’avez -vous jamais voulu prendre ?

Le François.

Oh moi, je n’avois pas besoin de le voir pour le connoitre. Je le connois par ses œuvres ; c’en est assez & même trop.

Rousseau.

Que pensez-vous de ceux qui, tout aussi décidés que vous sûr son compte ne laissent pas de le fréquenter, de l’obséder, & de vouloir s’introduire à toute forcé dans sa plus intime familiarité ?

Le François.

Je vois que vous n’êtes pas content de la réponse que j’ai déjà faite à cette question.

Rousseau.

Ni vous non plus, je le vois aussi. J’ai donc mes raisons pour y revenir. Presque tout ce que vous m’avez dit dans cet entretien me prouve que vous n’y parliez pas de vous-même. Après avoir appris de vous les sentimens d’autrui, n’apprendrai-je