Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t11.djvu/346

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vice, on n’associe point la bassesse des plus vils fripons avec le courage & l’élévation des ames fières, ni l’amour de la glaire aux manœuvres des filoux ; & si quarante ans d’honneur permettoient à quelqu’un de se démentir si tard à ce point, il perdroit bientôt cette vigueur de sentiment, ce ressort cette franchise intrépide qu’on n’a point avec des passions basses, & qui jamais ne survit à l’honneur. Un fripon peut être lâche, un méchant peut être arrogant ; mais la douceur de l’innocence & la fierté de la vertu ne peuvent s’unir que dans une belle ame."

Voilà ce qu’ils auroient tous dit ou pense, & ils auroient certainement refuse de le croire atteint de vices aussi bas, à moins qu’il n’en eut été convaincu sous leurs yeux. Ils auroient du moins voulu l’étudier eux -mêmes avant de le juger si décidément & si cruellement. Ils auroient fait ce que j’ai fait, & avec l’impartialité que vous leur supposez, ils auroient tire de leurs recherches la même conclusion que je tire des miennes. Ils n’ont rien fait de tout cela ; les preuves les p1us ténébreuses, les témoignages les plus suspects leur ont suffi pour se décider en mal sans autre vérification, & ils ont soigneusement évite tout éclaircissement qui pouvoit leur montrer leur erreur. Donc quoique vous en puissiez aire, ils sont da complot ; car ce que j’appelle en être n’est pas seulement être dans le secret de vos Messieurs, je présume que peu de gens y sont admis ; mais c’est adopter leur inique principe : c’est se faire, comme eux, une loi de dire à tout le & de cacher au seul accuse le mal qu’on pense ou qu’on feint de penser de lui, & les raisons sur ce jugement,