Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t11.djvu/354

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jadis, dans les habitations ou on lui à laisse faire assez de séjour pour y laisser des traces de son caractere, les regrets des habitans l’ont toujours suivi dans sa retraite, & seul peut-être de tous les étrangers qui jamais vécurent en Angleterre, il a vu le peuple de Wootton pleurer à son départ. Mais vos Dames & vos Messieurs ont pris un tel soin d’effacer toutes ces traces, que c’est seulement tandis qu’elles étoient encore fraîches, qu’on a pu les distinguer. Montmorenci plus près de nous offre un exemple frappant de ces différences. Grace à des personnes que je ne veux pas nommer, & aux Oratoriens devenus je ne sais comment les plus, ardens satellites & la ligue, vous n’y retrouverez plus aucun vestige de l’attachement, & j’ose dire de la vénération qu’on y eut jadis pour J. J. & tant qu’il y vécut, & après qu’il en fut parti : mais les traditions du moins en restent encore dans la mémoire des honnêtes-gens qui frequentoient alors ce pays-la.

Dans ces épanchemens auxquels il aime encore à se livrer & souvent avec plus de plaisir que de prudence, il m’a quelquefois confie ses peines, & j’ai vu que la patience avec laquelle il les supporte, n’étoit rien à l’impression qu’elles sont sur son cœur. Celles que le tems adoucit le moins se réduisent à deux principales qu’il compte pour les seuls vrais maux que lui aient fait ses ennemis. La premiere est de lui avoir ôte la douceur d’être utile aux hommes & secourable aux malheureux, soit en lui en ôtant les moyens, soit en ne laissant plus, approcher de lui sous ce passeport, que des fourbes qui ne cherchent à l’intéresser pour eux, qu’afin de s’insinuer dans sa confiance l’épier & le trahir. La dont ils se présentent, le ton