Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t11.djvu/370

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qui mettent des fanaux sur les écueils, vous l’éclairez pour le perdre." Lettre a M. de Beaumont.”

4. "On lisoit ces mots graves sur un marbre aux Thermopyles. Passant, va dire à Sparte que nous sommes morts ici pour obéir à ses saintes loix. On voit bien que ce n’est pas l’académie des inscriptions qui a compose celle-la." Emile L. 4.

LES MÉDECINS.

5. “Un corps débile affoiblit l’ame. De-la l’empire de la médecine ; art plus pernicieux aux hommes que tous les maux qu’il prétend guérir. Je ne fais pour moi de quelle maladie nous guérissent les médecins ; mais je sais qu’il’s nous en donnent de bien funestes ; la lâcheté, la pusillanimité, la terreur de la mort ; s’ils guérissent le corps, ils tuent le courage. Que nous importe qu’ils fassent marcher des cadavres ? Ce sont des hommes qu’il nous faut, & l’on n’en voit point sortir de leurs mains.”

“La médecine est à la mode parmi nous ; elle doit l’être. C’est l’amusement des gens oisifs qui ne sachant que faire de leur tems le passent à se conserver. S’ils avoient eu le malheur de naître immortels, ils seroient les plus misérables des êtres. Une vie qu’ils n’auroient jamais peur de perdre ne seroit pour eux d’aucun prix. Il faut a ces gens-la des médecins qui les effrayent pour les flatter, & qui le donnent chaque jour le seul plaisir dont ils soient susceptibles, celui de n’être pas morts.”