Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t11.djvu/372

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Tu n’éviteras pas la mort, mais tu ne la sentiras qu’une fois, au lieu qu’ils la portent chaque jour dans ton imagination troublée, & que leur art mensonger au lieu de prolonger tes jours t’en ôte la jouissance. Je demanderai toujours quel vrai bien cet art à fait aux hommes ? Quelques-uns de ceux qu’il guérit mourroient il est vrai, mais des milliers qu’il tue resteroient en vie. Homme sensé ne mets point à cette lotterie ou trop de chances sont contre toi. Souffre, meurs ou guéris, mais sur-tout vis jusqu’a ta derniere heure." Emile L. 1.

7. "Inoculerons-nous notre élevé ? Oui & non, selon l’occasion, les tems, les lieux, les circonstances. Si on lui donne si la petite vérole on aura l’avantage de prévoir & connoître son mal d’avance ; c’est quelque chose : mais s’il la prend naturellement, nous l’aurons préserve du médecin, c’est encore plus." Emile L. 3.

8. "S’agit-il de chercher une nourrice, on la fait choisir par l’accoucheur. Qu’arrive-t-il de-la ? que la meilleure est toujours celle qui l’a le mieux paye. Je n’irai donc point chercher un accoucheur pour celle d’Emile ; j’aurai soin de la choisir moi-même. Je ne raisonnerai pas la-dessus si disertement qu’un chirurgien, mais à coup sur je serai de meilleure soi, & mon zele me trompera moins que son avarice." Emile L. 1.