Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t11.djvu/382

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


encore à rendre à la nation qui s’empresse à le couvrir d’opprobres. Le complot s’est forme dans le sein de cette nation, mais il n’est pas venu d’elle. Les François en sont les ardens exécuteurs C’est trop, sans doute ; mais du moins ils n’en sont pas les auteurs. Il a falu pour l’être une noirceur méditée & réfléchie dont ils ne sont pas capables ; au lieu qu’il ne faut pour en être les ministres qu’une animosité qui n’est qu’un effet fortuit de certaines circonstances & de leur penchant b s’engouer tant en mal qu’en bien.

Le François.

Quoi qu’il en soit de la cause & des auteurs du complot l’effet n’en est plus étonnant pour quiconque a lu les écrits de J. J. Les dures vérités qu’il a dites, quoique générales, sont de ces traits dont la blessure ne se ferme jamais dans les cœurs qui s’en sentent atteints. De tous ceux qui se sont avec tant d’ostentation ses patrons & ses protecteurs, il n’y en a pas un sur qui quelqu’un de ces traits n’ait porte jusqu’au vis. De quelle trempe sont donc ces divines ames dont les poignantes atteintes n’ont fait qu’exciter la bienveillance & l’amour, & par le plus frappant de tous les prodiges, d’un scélérat qu’elles devoient abhorrer, ont fait l’objet de leur plus tendre sollicitude ?

Si c’est-la de la vertu, elle est bizarre, mais elle est magnanime, & ne peut appartenir qu’a des ames fort au-dessus des petites passions vulgaires ; mais comment accorder des motifs si sublimes avec les indignes moyens employés par ceux qui s’en disent animes ? Vous le savez, quelque prévenu quelque irrite que je fusse contre J. J., quelque mauvaise opinion que