Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t11.djvu/412

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


force de leur estime, ne pouvant plus lui-même en avoir pour eux ? Non, ce retour de la part d’un public si méprisable ne pourroit plus lui donner aucun plaisir ni lui rendre aucun honneur. Il en seroit plus importune sans en être plus satisfait. Ainsi l’explication juridique & décisive qu’il n’a pu jamais obtenir & qu’il a cesse de désirer étoit plus pour nous que pour lui. Elle ne pourroit plus, même avec la plus éclatante justification, jetter aucune véritable douceur dans sa vieillesse. Il est désormais trop étranger ici-bas pour prendre à ce qui s’y fait aucun intérêt qui lui soit personnel. N’ayant plus de suffisante raison pour agir, il reste tranquille, en attendant avec la mort la fin de ses peines, & ne voit plus qu’avec indifférence le sort du peu de jours qui lui restent à passer sur la terre.

Quelque consolation néanmoins est encore à sa portée ; je consacre ma vie à la lui donner & je vous exhorte d’y concourir. Nous ne sommes entres ni l’un ni l’autre dans les secrets de la ligue dont il est l’objet ; nous n’avons point partage la fausseté de ceux qui la composent : nous n’avons point cherche à le surprendre par des caresses perfides. Tant que vous l’avez hai vous l’avez fui, & moi je ne l’ai recherche que dans l’espoir de le trouver digne de mon amitié, & l’épreuve nécessaire pour porter un jugement éclaire sur son compte, ayant été long-tems autant recherchée par lui qu’écartée par vos Messieurs, forme un préjugé qui supplée autant qu’il le peut à cette épreuve, & confirme ce que j’ai pense de lui après un examen aussi long qu’impartial. Il m’a dit cent fois qu’il se seroit console de l’injustice publique, s’il eut trouve un