Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t11.djvu/439

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n’a pas seulement pour objet de faire dominer les clefs sur leurs prosélytes, mais dans les mysteres secrets ou ils les employent, de n’en craindre aucune indiscrétion durant leur vie ni aucune repentance à leur mort. Leurs trames après le succès meurent avec leurs complices auxquels ils n’ont rien tant appris qu’à ne pas craindre dans l’autre vie ce Poul-Serrhô des Persans objecte par J. J. à ceux qui disent que la religion ne fait aucun bien. Le dogme de l’ordre moral dans l’autre vie a fait jadis réparer bien des torts dans celle-ci, & les imposteurs ont eu dans les derniers momens de leurs complices un danger à courir qui souvent leur servit de frein. Mais notre philosophie en délivrant ses prédicateurs de cette crainte, & leurs disciples de cette obligation, à détruit pour jamais tout retour au repentir. À quoi bon des révélations non moins dangereuses qu’inutiles ? Si l’on meurt on ne risque rien, selon eux, à se taire, & l’on risque tout à parler si l’on en revient. Ne voyez-vous pas que depuis longtems on n’entend plus parler de restitutions de réparations de réconciliations au lit de la mort ; que tous les mourans sans repentir sans remords emportent sans effroi dans leur conscience le bien d’autrui le mensonge & la fraude dont ils la chargèrent pendant leur vie ? Et que serviroit même à J. J. ce repentir suppose d’un mourant dont les tardives déclarations étouffées par ceux qui les entourent, ne transpireroient jamais au-dehors & ne parviendroient à la connoissance de personne ? Ignorez-vous que tous les ligueurs surveillans les uns des autres forcent & sont forces de rester fidelles au complot, & qu’entoures, sur-tout à leur mort, aucun d’eux