Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t11.djvu/442

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de ses écrits dont vos Messieurs attendent un si grand effet, en produiront alors un tout contraire & serviront à les déceler, en manifestant aux plus stupides les perfides intentions des éditeurs. Sa vie écrite de son vivant par des traitres en se cachant très-soigneusement de lui, portera tous les caracteres des plus noirs libelles : enfin tous les manèges dont il est l’objet paroîtront alors ce qu’ils sont ; c’est tout dire.

Que les nouveaux philosophes aient voulu prévenir les remords des mourans par une doctrine qui mit leur conscience à son aise, de quelque poids qu’ils aient pu la charger, c’est de quoi je ne doute pas plus que vous, remarquant sur-tout que la prédication passionnée de cette doctrine à commence précisément avec l’exécution du complot, &paroît tenir à d’autres complots dont celui-ci ne fait que partie. Mais cet engouement d’athéisme est un fanatisme éphémere ouvrage de la mode, & qui se détruira par elle, & l’on voit par l’emportement avec lequel le peuple s’y livre que ce n’est qu’une mutinerie contre sa conscience dont il sent le murmure avec dépit. Cette commode philosophie des heureux & des riches qui sont leur paradis en ce monde, ne sauroit être long-tems celle de la multitude victime de leurs passions, & qui, faute de bonheur en cette vie, à besoin d’y trouver au moins l’espérance & les consolations que cette barbare doctrine leur ôte. Des hommes nourris des l’enfance dans une intolérant impiété poussée jusqu’au fanatisme, dans un libertinage sans crainte & sans honte ; une jeunesse sans