Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t11.djvu/460

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de le remettre à quelqu’un plus jeune que lui, qui put survivre assez & à moi & à mes persécuteurs pour pouvoir, le publier un jour sans crainte d’offenser personne. Ils s’attacha singulièrement à cette derniere idée, & il m’a paru par la suscription qu’il a faite pour l’enveloppe du paquet, & qu’il m’a communiquée, qu’il portoit tous ses soins à faire en sorte, comme je l’en ai prie que le manuscrit ne fut point imprime ni connu avant la fin du siecle présent. Quant à l’autre partie de mon intention, qui étoit qu’après ce terme, l’écrit fut fidellement imprimé & publie, j’ignore ce qu’il a fait pour la remplir.

Depuis lors j’ai cesse d’aller chez lui. II m’a fait deux ou trois visites que nous avons eu bien de la peine à remplir de quelques mots indifférens, moi n’ayant plus rien à lui dire, & lui ne voulant une rien dire du tout.

Sans porter un jugement décisif sur mon dépositaire, je sentis que j’avois manque mon but & que vraisemblablement j’avois perdu mes peines & mon dépôt : mais, je ne perdis point encore courage. Je me dis que mon mauvais succès venoit de mon mauvais choix ; qu’il faloit être bien aveugle & bien prévenu pour me confier à un François trop jaloux de l’honneur de sa nation pour en manifester l’iniquité, à un homme age trop prudent trop circonspect pours’échauffer pour la justice & pour la défense d’un opprime. Quand j’aurois cherche tout exprès