Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t11.djvu/461

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le dépositaire le moins propre a remplir mes vues, je n’aurois pas pu mieux choisir. C’est donc ma faute si j’ai mal réussi ; mon succès ne dépend que d’un meilleur choix.

Bercé de cette nouvelle espérance je me remis a transcrire & mettre au net avec une nouvelle ardeur : tandis que je vaquois à ce travail un jeune Anglois que j’avois eu pour voisin a Wootton passa par Paris revenant d’Italie & me vint voir. Je fis comme tous les malheureux qui croyent voir, dans tout ce qui leur arrive, une expresse direction du sort. Je me dis ; voilà le dépositaire que la providence m’a choisi ; c’est elle qui me l’envoyé, elle n’a rebute mon choix que pour m’amener au sien. Comment avois -je pu ne pas voir que c’étoit un jeune homme un étranger qu’il me faloit, hors du tripot des auteurs, loin des intrigans de ce pays, sans intérêt de me nuire & sans passion contre moi ? Tout cela me parut si clair que, croyant voir le doigt de Dieu dans cette occasion fortuite je me pressai de la saisir. Malheureusement ma nouvelle copie n’étoit pas avancée ; mais je me hâtai de lui remettre le qui étoit fait, renvoyant à l’année prochaine à lui remettre le reste si, comme je n’en doutois pas, l’amour de la vérité lui donnoit le zele de revenir le chercher.

Depuis son départ de nouvelles réflexions ont jette