Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t11.djvu/467

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ma délivrance & le triomphe de la vérité sans les plus chercher parmi les mortels. Détache de toute affection terrestre & délivre même de l’inquiétude de l’espérance ici-bas, je ne vois plus de prise par laquelle ils puissent encore troubler le repos de mon cœur. Je ne réprimerai jamais le premier mouvement d’indignation d’emportement de colere, & même je n’y tache plus ; mais le calme qui succède a cette agitation passagere est un état permanent dont rien me peut plus ose tirer.

L’espérance éteinte étouffe bien le désir, mais elle n’anéantit pas le devoir, & je veux jusqu’a la fin remplir le mien dans ma conduite avec les hommes. Je suis dispense désormais de vains efforts pour leur faire connoître la vérité qu’ils sont déterminés a rejetter toujours, mais je ne le suis pas de leur laisser les moyens d’y revenir autant qu’il dépend de moi, & c’est le dernier usage qui me reste a faire de cet écrit. En multiplier incessamment les copies pour les déposer ainsi ca & la dans les mains des gens qui m’approchent seroit excéder inutilement mes forces, & je ne puis raisonnablement espérer que de toutes ces copies ainsi dispersées une seule parvienne entiere a sa destination. Je vais donc me borner a une dont j’offrirai la lecture a ceux de ma connoissance que je croirai les moins injustes les moins prévenus, ou qui quoique lies avec mes pers2cuteurs