Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t11.djvu/474

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doute pas ; ils vous ont prouve même, comme cela est toujours facile en se cachant de l’accuse, que je méritois ces traitemens indignes, pires cent fois que la mort. En ce cas, je dois me résigner ; car je n’attends ni ne yeux d’eux ni de vous aucune grace ; mais ce que je veux & qui m’est du tout au moins, après une condamnation si cruelle & si infamante, c’est qu’on m’apprenne enfin quels sont mes crimes, & comment & par qui j’ai été juge !

Pourquoi faut -il qu’un scandale aussi si public soit pour moi seul un mystère impénétrable ? À quoi bon tant de machines de ruses de trahisons de mensonges pour cache au coupable ses crimes qu’il doit savoir mieux que personne s’il est vrai qu’il les ait commis ? Que si, pour des raisons qui me passent, persistant a m’ôter un droit*

[*Quel homme de bon sens croira jamais qu’une aussi criante violation de la loi naturelle & du droit des gens puisse avoir pour principe une vertu ? S’il est permis de dépouiller un mortel de son état d’homme, ce ne peut être qu’après l’avoir juge, mais non pas pour le juger. Je vois beaucoup & ardens exécuteurs, mais je n’ai point apperçu de juge. Si tels sont les préceptes d’équité de la philosophie moderne, malheur sous ses auspices au foible innocent & simple ; honneur & gloire aux intrigans cruels & ruses] dont on n’a prive jamais aucun criminel, vous avez résolu d’abreuver le reste de mes tristes jours d’angoisses de dérision d’opprobres, sans vouloir que je sache pour-quoi, sans daigner écouter mes, griefs mes raisons mes