Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t13.djvu/122

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presque divin ; j’ajouterai même, qu’un bon naturel sans la science, a plus souvent réussi que la science sans un bon naturel ; mais je soutiens aussi, que quand à un excellent naturel on joint la science, la culture, il en résulte ordinairement un homme d’un mérite tout-à-fait supérieur. Tels ont été, ajoute-t-il, Scipion l’Africain, Lélius, le très-savant Caton l’ancien, &c. qui ne se seroient point avisés de développer leurs vertus par la culture des Sciences, s’ils n’avoient été bien persuadés qu’elle les conduisoit à cette fin louable.*

[*Ego multos homines excellenti animo ac virtute suisse, & sine doctrinâ, naturae ipsius habitu propé divino, per se ipos & moderatos & graves extitisse fateor. Etiam illud adjungo, saepiùs ad laudem atque virtutem naturam sine doctrinà, quàm sine naturâ valuisse doctrinam. Atque idem ego contendo, cùm ad naturam eximiam atque illustrem accesserit ratio quaedam, confirmatioque doctrinae ; tum illud nescio quid praeclarum ac singulare solere existere. Ex hoc esse hunc numero, quem patres nostri viderunt divinum hominem Africanum ; ex hoc C. Laelium, L. Furium, moderatissimos homines & constantissimos : ex hoc fortissimum virum, & illis temporibus doctissimum M. Catonem illum senem ; qui profecto, si nihil ad percipiendam, colendamque virtutem litteris adjuvarentur, nunquam se ad earum studium contulissent.

Cicero, pro Arc. poet. p. 11. ex edit, Glasg]

............................Alterius sic

Altera poscit opem, res, & conjurat amicè.

Horat. art poet. v. 409.

Ce n’est point par stupidité — à dédaigner leur doctrine. On est tenté de croire que l’Auteur plaisante quand il donne ces anecdotes historiques pour des traits de sagesse. Celle des Romains, qui chassent les médecins est bonne à joindre au