Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t13.djvu/129

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entre la science & la vertu, va prouver que la contrariété est réelle, ou que ces deux qualités sont incompatibles. Voilà une singuliere conciliation.

SECONDE PARTIE.

C’étoit une ancienne — l’inventeur des Sciences.* La Science est ennemie du repos, sans doute ; c’est par-là qu’elle est amie de l’homme que le repos corrompt ; c’est par-là qu’elle est la source de la vertu, puisque l’oisiveté est la mere de tous les vices.

  • On voit aisément l’allégorie de la fable — c’est le sujet du frontispice. Dans la fable dont parle l’Auteur, Jupiter jaloux des lumières & des talens de Promethée, l’attache sur le Caucase. Ce fait allégorique loin de désigner l’horreur des Grecs pour le savoir, est au contraire une preuve de l’estime infinie qu’ils faisoient des Sciences & du génie inventif, puisqu’ils égalent en quelque sorte Promethée à Jupiter, en rendant celui-ci jaloux de cet homme divin, auteur apparemment des premiers Arts, de l’ébauche des Sciences, l’effet du génie, de ce feu qu’il semble que l’homme ait dérobé aux Dieux. Les Romains mêmes, ces enfans de Mars, n’ont pu s’empêcher de rendre aux Beaux-Arts les hommages qui leur sont dûs, & le prince de leurs Poetes défere aux hommes qui s’y sont distingués, les premiers honneurs dans les champs Elisées,