Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t13.djvu/142

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donne de l’éducation aux femmes ; il veut qu’on les fasse sortir de l’ignorance. Il a raison, sans doute ; mais c’est contre ses principes, selon lesquels, instruire quelqu’un, & le rendre plus méchant, sont des expressions synonymes.

Que si par hasard — ou il faudra qu’elle demeure oisive. Les ouvrages admirables des Le Moine, des Bouchardons, des Adams, des Slodtz pour perpétuer la mémoire des plus grands hommes, pour décorer les places publiques, les palais & les jardins qui les accompagnent, sont des monumens qui nous rassurent contre les vaines déclamations de notre Orateur.

On ne peut réfléchir — enfin pour s’y établir eux- mêmes. C’est un joli conte de Fée que ce siecle d’or, & ce mélange des dieux & des hommes, mais il n’y a plus gueres que les enfans & les Rhéteurs plus fleuris que solides qui s’en amusent.

Ou du moins les temples des Dieux — des chapiteaux Corinthiens. Les anciens n’avoient garde de penser que la culture des Sciences & des Arts, dépravât les mœurs ; que le talent de bâtir des villes, d’élever des temples & des palais, mît le comble aux vices ; quand ils nous ont représenté Amphion construisant les murs de Thebes par les seuls accords de sa lyre ; quand ils nous parlent avec tant de vénération des peuples qui élevent des temples aux immortels, & des palais à la majesté des Souverains légitimes.

Tandis que les commodités — dans l’ombre du cabinet. Que les Sciences & les Arts énervent le courage féroce, nous en convenons avec l’Auteur, & c’est autant de gagné pour l’humanité & la vertu. Mais que la vraie valeur s’éteigne par les lumieres des Sciences & la culture des Arts, c’est ce qu’on a réfuté amplement.