Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t13.djvu/144

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que notre Orateur frappe sur cet endroit-là de notre façon de vivre, je l’appuyerai de mon suffrage ; mais qu’il prétende en conclure que ces hommes, pour être aussi foibles, aussi vaporeux que des femmes, en sont plus dépravés, plus vicieux ; c’est ce que je ne lui accorderai pas ; & fussent-ils femmes tout-à-fait, pourvu que ce soit de la bonne espece, qui est la plus commune, sans doute ; je n’en aurois que meilleure, opinion de leur vertu. Qui ne fait pas que ce sexe est le dévot & le vertueux par excellence ?

Guerriers intrépides — que l’autre eût vaincu vos aïeux. Par malheur pour notre Orateur cette exagération vient un peu trop près de notre derniere guerre d’Italie, où tout le monde fait que nos troupes, sous M. le Prince de Conti, ont traversé les Alpes, après avoir forcé sur la cime de ces montagnes un ennemi puissant commandé par l’un des plus braves Rois du monde ; & il est plus que vraisemblable que les Alpes, du tems d’Annibal, n’étoient pas plus escarpées, qu’elles sont aujourd’hui.

Les combats ne sont pas toujours — par le fer de l’ennemi. Oh ! l’Auteur a raison ; nous ne sommes pas assez robuste. Qu’on renouvelle les jeux Olympiques de toutes les especes qu’on renouvelle les courses de chevaux, les courtes à pied, les combats d’une lutte un peu plus humaine que l’ancienne les jeux de paume, les jeux de l’arc, de l’arbalête, de l’arquebuse, du fusil ; qu’on les protege, qu’on les ordonne, qu’on y attache des privileges, des récompenses. Qu’on ajoute cela des loix pour la sobriété ; nous aurons des citoyens, des soldats aussi robustes que courageux ; & si l’on continue, avec