Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t13.djvu/18

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quelques endroits de son Discours, défiguré par les excès oùl’emporte son zele, pour ne pas dire sa fureur de se distinguer.C’est George Fox qui prêche, que c’est un très-grand péché deporter des boutons & des manchettes.

Voyons comment l’Auteur prouve que je n’ai point saisi sonsentiment.Par exemple, M. Gautier prend la peine de m’apprendre qu’il y a des Peuples vicieux qui ne sont pas savans. Je crois que cette observation porte contre le sentimentde M. Rousseau ; car en supposant même que les Peuplesignorons ne sont pas plus corrompus que s’ils étoient éclairés, ilest évident que les vices qui régnent parmi nous, pouvant avoirles mêmes causes que ceux des Nations ignorantes, il n’y aaucune nécessité de les rejetter sur la culture des Sciences & desLettres. Lorsqu’un effet peut avoir plusieurs causes, on ne peut,avec raison, l’attribuer à l’une déterminément, qu’on n’ait prouvéqu’il ne provient pas des autres. C’est ce que M. Rousseau n’apoint fait, & n’auroit pu faire plans la supposition que lesSciences pourvoient être une des causes de la dépravation desmœurs. Ce raisonnement est fondé sur les regles de la Logique ; mais cette science est trop fertile en mauvaises choses, selon lui,pour qu’il daigne faire attention à ses préceptes.

J’avois dit, en rapportant son sentiment "Eh ! pourquoi n’a-t-on plus de vertu ? C’est qu’on cultive les Belles-Lettres, les Sciences les Arts." Il répond, pour cela précisément. Il donne donc l’exclusion aux causes connues. Donc si l’on n’avoit point cultivé les Lettres en France, on n’auroit point eu de vices ; quoiqu’il soit certain par l’histoire,