Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t13.djvu/184

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sa source, & ne peut que s’affoiblir en s’en éloignant. Or si les ouvrages cités ne doivent pas leur naissance à une dépravation capable de détruire la probité, vraisemblablement ils ne la porteront pas ailleurs à de plus grands excès, ou bien ils y trouveront déjà dans la nature le fond de ces désordres.

Mais nous revenons volontiers à une rigueur plus sage, plus judicieuse, plus conforme à la doctrine la plus saine : nous convenons qu’il vaudroit beaucoup mieux que tous ces auteurs ne sussent jamais nés ; que la vraie probité est inséparable de la vraie religion, & de la morale la plus pure ; & qu’enfin leurs ouvrages sont des semences à étouffer par de sages précautions, & par la multitude des livres excellens qui sont les antidotes de ces poisons, enfantés par une nature dépravée, & préparés par des talens pervertis. Heureusement les antidotes ne nous manquent point, & sont en nombre beaucoup supérieurs aux poisons. Ne perdons point de notre preuve de fait contre l’abus que M. Rousseau prétend qu’on fait toujours des Sciences.

Personne ne reconnoît le savant au portrait odieux qu’en fait M. Rousseau. Ce caractere d’orgueil & de vanité qu’il lui prête me rappelle ces pieux spéculatifs qui se regardant comme les élus du Très-haut, jettent sur tout le reste de la terre, criminelle à leurs yeux, des regards de mépris & d’indignation ; mais je ne reconnois point là le savant.

Peut-être cette peinture iroit-elle encore assez bien à ces prétendus philosophes de l’ancienne école, dont toute la science consistoit en mots, la plupart vuides de sens, & qui passant