Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t13.djvu/185

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leur vie dans les disputes les plus frivoles, mettoient leur gloire & leur orgueil à terrasser un adversaire, ou à éluder les argumens par des distinctions scholastiques aussi vaines que ceux qui les imaginoient. Mais peut-on appliquer à notre siecle tous les désordres, toutes les extravagances de ces anciennes sectes ? Peut-on accuser d’orgueil, de vanité, nos Physiciens, nos Géometres uniquement occupés à pénétrer dans le sanctuaire de la nature ? La candeur & l’ingénuité des mœurs, est une vertu qui leur est comme annexée. Notre Physique ramenée à ses vrais principes par Descartes, étayée de la Géométrie par le même Physicien, par Newton, Hughens, Leibnitz, de Mairan, & par une foule de grands hommes qui les ont suivis, est devenue une science sage & solide. Pourquoi nous opposer ici le dénombrement des sectes ridicules des anciens Philosophes ? Pourquoi nous citer les orgueilleux raisonneurs de ces siecles reculés, puisqu’il s’agit ici du renouvellement des Lettres, puisqu’il s’agit de notre siecle, de nous enfin ? Qu’on ouvre cette Physique, ce trésor littéraire aussi immense qu’irréprochable ; ces annales de l’Académie des Sciences & des Belles-Lettres de Paris, de celle de Londres ; c’est-là qu’il faut nous montrer qu’on abuse toujours des Sciences, proposition réservée à M. Rousseau & à notre siecle curieux de se singulariser. Qu’on examine la conduite des hommes savans qui ont composé & qui composent ces Corps célebres ; les Newton, les Mariotte, les de l’Hôpital, les Duhamel, les Regis, les Cassini, les Morin, les Mallebranche, les Parent, les Varignon, les Fontenelle, les Réaumur, les Despreaux, les Corneille, les Racine, les Bossuet, les