Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t13.djvu/188

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assez pressé pour étendre les faveurs de ses exceptions jusques sur les Sciences qui sont l’objet des travaux de nos Académies, & sur les Arts utiles, qui sont sous leur protection ; pour se faire enfin un dernier mur des Arts & des Sciences qu’il appellera frivoles, afin de n’imputer qu’aux savans & aux artistes de cette espece, tous les abus, tous les désordres qu’il dit accompagner toujours la culture des Sciences & des Arts ?

Dans ce cas-là nous lui demanderons le dénombrement précis de ces Sciences, de ces Arts, objet de ces imputations. Nous espérons qu’il ne mettra point dans sa liste la musique, que les censeurs des Arts regardent comme une science des plus futiles. Nous avons fait voir qu’elle faisoit un délassement aussi charmant qu’honnête ; qu’elle célébroit les grands hommes, les vertus, l’Auteur de toutes les vertus ; M. Rousseau connoît mieux qu’un autre ses utilités, ses avantages, puisqu’il en fait son étude, puisqu’il s’est chargé de remplir cette brillante partie des travaux Encyclopédiques ; il n’y a, pas d’apparence qu’il ajoute cette nouvelle contradiction entre sa conduite & ses discours. La musique sera donc un de ces Arts exceptés, un de ces Arts qui ne dépravera point, les mœurs...

Et tous ces lieux communs de morale lubrique,

Que Lulli réchauffa des sons de sa musique.

Boileau. Satir. x.

Seront simplement des abus d’une chose bonne en elle-même, mais d’une chose dont on n’abuse pas beaucoup, dont on