Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t13.djvu/238

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le point où l’on auroit dû s’arrêter ? Ce que nous appellons génie, n’est autre chose qu’une raison sublime & courageuse : il n’appartient qu’à lui seul de se juger.

Ces globes lumineux placés loin de nous à des distances si énormes, sont nos guides dans la navigation, & l’étude de leurs situations respectives, qu’on n’a peut-être regardées d’abord que comme l’objet de la curiosité la plus vaine, est devenue une des sciences la plus utile. La propriété singuliere de l’aimant, qui n’étoit pour nos peres qu’une énigme frivole de la nature, nous a conduits comme par la main à travers l’immensité des mers.

Deux verres placés & taillés d’une certaine maniere, nous ont montré une nouvelle scene de merveilles, que nous yeux ne soupçonnoient pas.

Les expériences du tube électrisé sembloient n’être qu’un jeu : peut-être leur devra-t-on un jour la connoissance du regne universel de la nature.

Après la découverte de ces rapports si imprévus, si majestueux, entre les plus petites & les plus grandes choses, quelles connoissances oserions-nous dédaigner ? En savons-nous assez pour mépriser ce que nous ne savons pas ? Bien loin d’étouffer la curiosité, ne semble-t-il pas, au contraire, que l’Etre suprême ait voulu la réveiller par des découvertes singulieres, qu’aucune analogie n’avoir annoncées ?

Mais de combien d’erreurs est assiégée l’étude de la vérité ? Quelle audace, nous dit-on, ou plutôt quelle témérité de s’engager dans des routes trompeuses, où tant d’autres se sont égarés ? Sur ces principes, il n’y aura plus rien que