Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t13.djvu/279

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suprême peuvent mettre des bornes à votre soumission ; & si on vouloit vous punir de votre fidélité à ses ordres, vous devriez encore souffrir avec patience & sans murmure. Les Néron, les Domitien eux-mêmes, qui aimeront mieux être les fléaux de la terre, que les peres de leurs peuples, n’étoient comptables qu’à Dieu de l’abus de leur puissance. Les Chrétiens, dit Saint Augustin, leur obéissoient dans le tems à cause du Dieu de l’éternité.*

[*Subditi erant propter Dominum aeternum, etiam Domino temporali. Aug. Enarrat. In Psal. 124.]

XXIV. Nous ne vous avons exposé, M. T. C. F., qu’une partie des impiétés contenues dans ce traité de l’EDUCATION, ouvrage également digne des anathêmes de l’Eglise, & de la sévérité des loix : &que faut-il de plus pour vous en inspirer une juste horreur ? Malheur à vous, malheur à la société, si vos enfans étoient élevés d’après les principes de l’Auteur d’EMILE ! Comme il n’y a que la religion qui nous ait appris à connoître l’homme, sa grandeur, sa misere, sa destinée future, il n’appartient aussi qu’à elle seule de former sa raison, de perfectionner ses mœurs, de lui procurer un bonheur solide dans cette vie & dans l’autre. Nous savons, M. T. C. F., combien une éducation vraiment chrétienne est délicate & laborieuse : que de lumiere & de prudence n’exige-t-elle pas ! Quel admirable mélange de douceur & de fermeté ! Quelle sagacité pour se proportionner à la différence des conditions, des âges, des tempéramens & des caracteres, sans s’écarter jamais en rien des regles du devoir ! Quel zele & quelle patience pour faire fructifier, dans de jeunes cœurs, le germe