Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t13.djvu/306

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Philosophie solide, qui, loin d’affoiblir la soi, conduit les plus sages à être aussi les plus religieux.

Si nous prêchons beaucoup la morale, nous n’insistons pas moins sur le dogme. Il trouvé chaque jour sa place dans nos chaires ; nous avons même deux exercices publics par semaine uniquement destinés à l’explication du catéchisme. D’ailleurs cette morale est la morale chrétienne, toujours liée au dogme, & tirant de là sa principale forcé, particuliérement des promesses de pardon & de félicité éternelle que fait l’Evangile à ceux qui s’amendent, comme aussi des menaces d’une condamnation éternelle contre les impies & les impénitens. À cet égard, comme à tout autre, nous croyons qu’il faut s’en tenir à la sainte Ecriture qui nous parle, non d’un Purgatoire, mais du Paradis & de l’Enfer, où chacun recevra sa juste rétribution selon le bien ou le mal qu’il aura fait dans cette vie. C’est en prêchant fortement ces grandes vérités, que nous tâchons de porter les hommes à la sanctification.

Si on loue en nous un esprit de modération & de tolérance, on ne doit pas le prendre pour une marque d’indifférence ou de relâchement. Graces à Dieu, il a un tout autre principe. Cet esprit est celui de l’Evangile, qui s’allie très-bien avec le zele. D’un côté la charité chrétienne nous éloigné absolument des voies de contrainte, & nous fait supporter sans peine quelque diversité d’opinions qui n’atteint pas l’essentiel, comme il y en a eu de tout tems dans les Eglises même les plus pures : de l’autre, nous ne négligeons aucun soin, aucune voie de persuasion, pour établir, pour inculquer, pour défendre les points fondamentaux du christianisme.