Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t13.djvu/39

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le plus beau plan qui fut jamais, dont l’exécution glorieuse lui étoit réservée ? il s’agit d’affranchir de l’opprobre, de l’ignorance & de la pauvreté cette jeune Noblesse dont les généreux Peres ont prodigué leur sang & leur bien pour le service de la Patrie. Tel est l’objet de la fondation de l’Ecole militaire ; les Eleves y seront instruits en même tems des principes de la Religion & des connoissances utiles à la défense de l’Etat. Cet établissement en procurant un double avantage à la Nation assure au Roi à deux différens titres le nom de Pere de la Patrie : il l’acquitte d’une dette justement contractée envers les ayeux de ces jeunes Héros, & lui fournit de nouveaux défenseurs, qui lui seront d’autant plus attachés, que leur éducation sera tout à la fois la preuve authentique de la libéralité du Prince, de leur propre noblesse, & des services que leurs parens ont rendus à l’Etat ; dessein, dont Charlemagne lui-même, le restaurateur des Lettres dans l’Europe, pourroit être jaloux.

À cet illustre nom, l’ignorance pâlit, frappée d’un nouveau coup de foudre. Jamais Prince n’auroit su mieux que lui la faire valoir s’il étoit vrai qu’on peut en tirer parti. Quelle fut la conduite de ce sage Monarque ? Pour avoir un corps de réserve, toujours prêt à combattre cette odieuse ennemie, il établit un Conseil des Comtes de sa Maison à qui il donna le pouvoir de dresser & d’interpréter les loix, de terminer les procès & de veiller à l’avancement des Sciences & des Arts. Telle est l’origine de ce célebre Parlement, supérieur à tous nos éloges. Que ne pourrois-je point en dire ? Combien y compte-t-on de lumieres du Barreau, de Héros de Thémis,