Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t13.djvu/456

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Alzire, mal à la vérité ; mais je ne laissai pas d’y être ému, jusqu’à perdre la respiration ; mes palpitations augmenterent étonnamment, & je crains de m’en sentir quelque tems.

Pourquoi, Madame, y a-t-il des cœurs s sensibles au grand, au sublime, au pathétique, pendant que d’autres ne semblent faits que pour ramper dans la bassesse de leurs sentimens ? La fortune semble faire à tout cela une espece de compensation ; à force d’élever ceux-ci, elle cherche à les mettre de niveau avec la grandeur des autres : y réussit-elle ou non ? Le public& vous, Madame, ne serez pas de même avis. Cet accident m’a forcé de renoncer désormais au tragique, jusqu’au rétablissement de ma santé. Me voilà privé d’un plaisir qui m’a bien coûté des larmes en ma vie. J’ai l’honneur d’être un profond respect.

LETTRE III. À LA MÊME.

Montpellier, 23 Octobre 1737.

MADAME,

Je ne me sers point de la voie indiquée de M. Barillot, parce que c’est faire le tour de l’école. Vos lettres les miennes passant toutes par Lyon, il faudroit avoir une adresse à Lyon,