Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t13.djvu/458

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à Mr. Vépres par le même ordinaire qu’à moi, je dois, s’ils sont exacts, recevoir leur lettre en même tems que la vôtre.

J’allois fermer ma lettre, quand j’ai reçu la vôtre, Madame, du 12 du courant. Je crois n’avoir pas mérité les reproches que vous m’y faites sur mon peu d’exactitude. Depuis mon départ de Chambéry, je n’ai point passé de semaine sans vous écrire. Du reste, je me rends justice ; & quoique peut-être il dût me paroître un peu dur que la premiere lettre que j’ai l’honneur de recevoir de vous, ne soit pleine que reproches, je conviens que je les mérite tous. Que voulez-vous, Madame, que je vous dise ; quand j’agis, je crois faire les plus belles choses du monde, & puis il se trouve au bout que ce ne sont que sottises : je le reconnois parfaitement bien moi-même. Il faudra tâcher de se roidir contre sa bêtise à l’avenir, & faire plus d’attention sur sa conduite. C’est ce que je vous promets avec une sorte envie de l’exécuter. Après cela, si quelque retour d’amour-propre vouloit encore m’engager à tenter quelque voie de justification, je réserve à traiter cela de bouche avec vous, Madame, non pas, s’il vous plaît, a la Saint Jean, mais à la fin du mois de Janvier ou au commencement du suivant.

Quant à la lettre de M. Arnauld, vous savez, Madame, mieux que moi-même, ce qui me convient en fait de recommandation. Je vois bien que vous vous imaginez parce que je suis à Montpellier, je puis voir les choses de plus près & juger de ce qu’il y a à faire ; mais, Madame, je vous prie d’être bien persuadée que, hors ma pension &