Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t13.djvu/465

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Remedes bien inutiles à ce que je prévois. Il faut périr malgré tout, & ma santé est en pire état que jamais.

Je ne puis aujourd’hui vous donner une suite de ma relation : cela demande plus de tranquillité que je ne m’en sens aujourd’hui. Je vous dirai en passant que j’ai tâché de ne pas perdre entiérement mon tems à Montpellier ; j’ai fait quelques progrès dans les mathématiques ; pour le divertissement, je n’en ai eu d’autre que d’entendre des musiques charmantes. J’ai été trois fois à l’opéra, qui n’est pas beau ici, mais où il y a d’excellentes voix. Je suis endetté ici de 108 livres ; le reste servira, avec un peu d’économie, à passer les deux mois prochains. J’espere les couler plus agréablement qu’à Montpellier : voilà tout. Vous pouvez cependant, Madame, m’écrire toujours ici à l’adresse ordinaire ; au cas que je sois parti, les lettres me seront renvoyées. J’offre mes très -humbles respects aux révérends peres jésuites. Quand j’aurai reçu de l’argent & que je n’aurai pas l’esprit si chagrin, j’aurai l’honneur de leur écrire. Je suis, Madame, avec un très-profond respect.

P. S. Vous devez avoir reçu ma réponse, par rapport à M. de Lautrec. Oh ma chere maman ! j’aime mieux être auprès de D., & être employé aux plus rudes travaux de la terre, que de posséder la plus grande fortune dans tout autre cas ; il est inutile de penser que je puisse vivre autrement : il a long-tems que je vous l’ai dit, & je le sens encore plus ardemment que jamais. Pourvu que j’aye cet avantage, dans quelque état que je sois, tout m’est indifférent. Quand ont pense comme moi, je vois qu’il n’est pas difficile d’éluder les saisons importantes que vous ne voulez pas me dire. Au nom