Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t13.djvu/476

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LETTRE IX À LA MÊME.

À Paris, le 17 Décembre 1747.

Il n’y a que six jours, ma très-chere maman, que je suis de retour de Chenonceaux. En arrivant, j’y ai reçu votre lettre du deux de ce mois, dans laquelle vous me reprochez mon silence & avec raison, puisque j’y vois que vous n’avez point reçu celle que je vous avois écrire de-là sous l’enveloppe de l’abbé Giloz. J’en viens de recevoir une de lui-même, dans laquelle il me fait les mêmes reproches. Ainsi je suis certain qu’il n’a point reçu son paquet, ni vous votre lettre ; mais ce dont il semble m’accuser est justement ce qui me justifie. Car, dans l’éloignement où j’étois de tout bureau pour affranchir, je hasardai ma double lettre sans affranchissement, vous marquant à tous les deux combien je craignois qu’elle n’arrivât pas & que j’attendois votre réponse pour me rassurer ; je ne l’ai point reçue cette réponse, & j’ai bien compris par-là que vous n’aviez rien reçu, & qu’il falloir nécessairement attendre mon retour à Paris pour écrire de nouveau. Ce qui m’avoit encore enhardi à hasarder cette lettre, c’est que l’année derniere il vous en étoit parvenu une, par je ne sais quel bonheur, que j’avois hasardée de la même maniere, dans l’impossibilité de faire autrement. Pour la preuve de ce que je dis, prenez la peine de faire chercher au bureau du Pont un paquet endossé de mon écriture à l’adresse de M l’abbé