Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t13.djvu/480

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difficiles, pour sortir, s’il est possible, de cet état d’opprobre & de misere, & je crois m’appercevoir chaque jour que c’est le hasard seul qui regle ma destinée, &que la prudence la plus consommée n’y peut rien faire du tout. Adieu, mon aimable maman, écrivez-moi toujours à l’hôtel du St. Esprit, rue Plâtriere.

LETTRE XI. À LA MÊME.

À Paris, le 17 Janvier 1749.

Un travail extraordinaire qui m’est survenu, & une très-mauvaise santé, m’ont empêché, ma très-bonne maman, de remplir mon devoir envers vous depuis un mois. Je me suis chargé de quelques articles pour le grand Dictionnaire des Arts & des Sciences qu’on va mettre sous pressé. La besogne croît sous ma main, & il faut la rendre à jour nommé ; de façon que surchargé de ce travail, sans préjudice de mes occupations ordinaires, je suis contraint de prendre mon tems sur les heures de mon sommeil. Je suis sur les dents ; mais j’ai promis, il saut tenir parole : d’ailleurs je tiens au cul & aux chausses de gens qui m’ont fait du mal, la bile me donne des forces, & même de l’esprit & de la science.

La colere suffit & vaut un Apollon,

Je bouquine, j’apprends le grec. Chacun a ses armes : au