Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t13.djvu/515

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LETTRE XXII. MONSIEUR,

Il faut convenir, Monsieur, que vous avez bien du talent pour obliger d’une maniere à doubler le prix des services que vous rendez ; je m’étois véritablement attendu à une réponse polie & spirituelle, autant qu’il se peut ; mais j’ai trouvé dans la vôtre des choses qui sont pour moi d’un tout autre mérite. Des sentimens d’affection, de bonté, d’épanchement, si j’ose ainsi parler, que la sincérité & la voix du cœur caractérise. Le mien n’est pas muet pour tout cela ; mais il voudroit trouver des termes énergiques à son gré, qui, sans blesser le respect, pussent exprimer assez bien l’amitié. Nulle des expressions qui se présentent ne me satisferont sur cet article. Je n’ai pas comme vous l’heureux talent d’allier dignement le langage de la plume avec celui du cœur ; mais, Monsieur, continuez de me parler quelquefois sur ce ton là, & vous verrez que je profiterai de vos leçons, &c. &c.