Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t13.djvu/520

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LETTRE II.

À Wooton, le 12 Février 1767.

Je n’aurois pas, Madame la duchesse, tardé un seul instant de calmer, si je l’avois pu vos inquiétudes sur la santé de Mylord Maréchal ; mais je craignis de ne faire, en vous écrivant, qu’augmenter ces inquiétudes, qui devinrent pour moi des alarmes. La seule chose qui me rassurât, étoit que j’avois de lui une lettre du 22 Novembre, & je présumois que ce qu’en disoient les papiers publics, ne pouvoit gueres être plus récent que cela. Je raisonnai là-dessus avec M. Granville qui devoit partir dans peu de jours, & qui se chargea de vous rendre compte de ce que nous avions pensé, en attendant que je pusse, Madame, vous marquer quelque chose de plus positif : dans cette lettre du 22 Novembre, Mylord Maréchal me marquoit qu’il se sentoit vieillir & affoiblir, qu’il n’écrivoit plus qu’avec peine, qu’il avoir cessé d’écrire à ses parens & amis, & qu’il m’écrivoit désormais fort rarement à moi-même. Cette résolution, qui peut-être étoit déjà l’effet de sa maladie, fait que son silence depuis ce tems -là me surprend moins, mais il me chagrine extrêmement. J’attendois quelque réponse aux lettres que je lui ai écrites, je la demandois incessamment & j’espérois vous en faire part aussi-tôt ; il n’est rien venu, J’ai aussi écrit à son banquier à Londres qui ne savoit rien non plus, mais qui ayant fait des informations, m’a marqué qu’en effet Mylord Maréchal