Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t13.djvu/555

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


étiez tenté de parcourir ce soin qui véritablement n’en va pas la peine, j’en pourrois faire une liasse qui vous parviendroit par M. Parquet, car pour moi je ne sais comment emporter tout cela, ni qu’en faire. Je crois me rappeller, par exemple, qu’il s’y trouve quelques Fougeres, entr’autres le Polypodium fragrans, que j’ai herborisées en Angleterre, & qui ne sont pas communes par-tout. Si même la revue mon herbier & de mes livres de botanique pouvoit vous amuser quelques momens, le tout pourroit être déposé chez vous & vous le visiteriez à votre aise. Je ne doute pas que vous n’ayez la plupart de mes livres. Il peut cependant s’en trouver d’Anglois comme Parkinson & le Gérard émaculé que peut-être n’avez-vous pas. Le Valerius Cordus est assez rare ; j’avois aussi Tragus, mais je l’ai donne à M. Clappier.

Je suis surpris de n’avoir aucune nouvelle de M. Gouan à qui j’ai envoyé les Carex *

[*Je me souviens d’avoir mis par mégarde un nom pour un autre : Carex vulpina pour Carex leporina.] de ce pays qu’il paroissoit desirer, & quelques autres petites plantes, le tout à l’adresse de M. de St. Priest qu’il m’avoit donnée. Peut-être le paquet ne lui est-il pas parvenu ; c’est ce que je ne saurois vérifier, vu que jamais un seul mot de vérité ne pénetre à travers l’édifice de ténebres qu’on a pris soin d’élever autour de moi. Heureusement les ouvrages des hommes sont périssables comme eux, mais la vérité est éternelle : post tenebras lux.

Agréez Monsieur, je vous supplie, mes plus sinceres salutations.