Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t13.djvu/557

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il faut bien que j’apprenne a me consoler de tout. J’ai pourtant encore quelques graines d’un fort beau Seseli de ce pays, que j’appelle Seseli Halleri, parce que je ne le trouve pas dans Linnaeus. J’en ai aussi d’une plante d’Amérique que j’ai fait semer dans ce pays avec d’autres graines qu’on m’avoit données, & qui seule a réussi. Elle s’appelle Gombault dans les Isles, & j’ai trouvé que c’étoit l’Hibiscus esculentus ; il a bien levé, bien fleuri, & j’en ai tiré d’une capsule quelques graines bien mûres que je vous porterai avec le Seseli, si vous ne les avez pas. Comme l’une de ces plantes est des pays chauds, & que l’autre grene fort tard dans nos campagnes, je présume que rien ne presse pour les mettre en terre, sans quoi je prendrois le parti de vous les envoyer.

Votre Galium rotundisolium, Monsieur, est bien lui-même à mon avis, quoiqu’il doive avoir la fleur blanche, & que le vôtre l’ait flave ; mais comme il arrive à beaucoup de fleurs blanches de jaunir en séchant, je pense que les siennes sont dans le même cas. Ce n’est point du tout mon Rubia peregrina, plante beaucoup plus grande, plus rigide, plus âpre, & de la consistance tout au moins de la Garance ordinaire, outre que je suis certain d’y avoir vu des baies que n’a pas votre Galium, & qui sont le caractere générique des Rubia. Cependant, je suis je vous l’avoue, hors d’état de vous en voyer un échantillon. Voici là-dessus mon histoire.

J’avois souvent vu en Savoye & en Dauphiné la Garance sauvage, & j’en avois pris quelques échantillons. L’année derniere à Pila j’en vis encore, mais elle me parut différente autres ; & il me semble que j’en mis un specimen dans mon