Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t13.djvu/561

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hasard. C’est réellement un bien bel œillet, & d’une odeur bien suave quoique foible. J’ai pu recueillir de la graine aisément ; car il croît en abondance dans un pré qui est sous mes fenêtres. Il ne devroit être permis qu’aux chevaux du soleil de se nourrir d’un pareil foin.

LETTRE V.

À Paris, le 4 Juillet 1770.

Pauvres aveugles que nous sommes ! &c.

Je voulois, Monsieur, vous rendre compte de mon voyage en arrivant à Paris : mais il m’a fallu quelques jours pour m’arranger & me remettre au courant avec mes anciennes connoissances. Fatigué d’un voyage de deux jours, j’en sejournai trois ou quatre à Dijon, d’ou par la même raison j’allai faire un pareil séjour à Auxerre, après avoir eu le plaisir voir en passant M. de Buffon qui me fit l’accueil le plus obligeant. Je vis aussi a Montbard M. d’Aubenton le subdélélégué, lequel après une heure ou deux de promenade ensemble dans le jardin me dit que j’avois déjà des commencemens, & qu’en continuant de travailler je pourrois devenir un peu botaniste. Mais le lendemain l’étant allé voir avant mon départ, je parcourus avec lui sa pépiniére malgré la pluie qui nous incommodoit fort, & n’y connoissant presque rien, je démentis si bien la bonne opinion qu’il avoit eu de moi la veille, qu’il