Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t13.djvu/562

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rétracta son éloge & ne me dit plus rien du tout. Malgré ce mauvais succès je n’ai pas laissé d’herboriser un peu durant ma route, & de me trouver en pays de connoissance dans la campagne & dans les bois. Dans presque toute la Bourgogne j’ai vu la terre couverte à droite & à gauche de cette même grande Gentiane jaune que je n’avois pu trouver a Pila. Les champs entre Montbard & Chably sont pleins de Bulbacastanum ; mais la bulbe en est beaucoup plus âcre qu’en Angleterre & presque immangeable ; l’Oenanthe fistulosa & la Coquelourde (Pulsatilla) y sont aussi en quantité : mais n’ayant traverse la forêt de Fontainebleau que très à la hâte, je n’y ai rien vu du tout de remarquable, que le Geranium grandistorum que je trouvai sous mes pieds par hasard une seule fois.

J’allai hier voir M. d’Aubenton au jardin du Roi ; j’y rencontrai en me promenant M. Richard jardinier de Trianon avec lequel je m’empressai, comme vous jugez bien, de faire connoissance. Il me promit de me faire voir son jardin qui est beaucoup plus riche que celui du Roi à Paris ; ainsi, me voilà a portée de faire dans l’un & dans l’autre quelque connoissance avec les plantes exotiques, sur lesquel les, comme vous avez pu voir, je suis parfaitement ignorant. Je prendrai pour voir Trianon plus a mon aise, quelque moment où la Cour ne sera pas à Versailles, & je tâcherai de me fournir a double de tout ce qu’on me permettra de prendre, afin de pouvoir vous envoyer ce que vous pourriez ne pas avoir. J’ai aussi vu le jardin de M. Cochin qui m’a paru fort beau ; mais en l’absence du maître je n’ai osé toucher a rien. Je suis depuis mon arrivée, tellement accablé de